Société : l’urine dans les rues, un danger sanitaire silencieux.

Dans plusieurs quartiers, le rejet nocturne d’urine sur la voie publique expose les habitants à des risques sanitaires souvent méconnus, bien que banalisée, cette pratique peut avoir des conséquences importantes sur la santé et l’environnement.

Dans la capitale tchadienne, composée de dix arrondissements, l’hygiène demeure un défi dans certains quartiers comme Habena, Chagoua ou Dambé. De nombreuses concessions utilisent encore des toilettes communes rudimentaires, installées à l’extérieur. Ces installations reposent souvent sur de petits trous de curage, parfois profonds de moins d’un mètre, où sont déversées urines et eaux usées. Pour éviter le débordement, certains habitants vident ces fosses directement sur la voie publique, chaque nuit.

Cette pratique engendre des désagréments immédiats pour les passants, mais surtout des risques sanitaires réels. Le Dr TORDIBAYE Alain raconte son expérience, « en marchant dans mon quartier, j’ai mis le pied dans de l’urine fraîchement déversée. Au-delà de l’inconfort, le danger réside dans sa décomposition. L’urine stagnante libère de l’ammoniac, un gaz irritant pour les yeux, la gorge et les poumons. »

Cette émanation peut provoquer toux, difficultés respiratoires, maux de tête ou vertiges, surtout chez les personnes vulnérables, comme les asthmatiques. Une exposition prolongée dans un environnement mal aéré peut aggraver ces problèmes. Le médecin met aussi en garde contre le mélange de l’urine avec de l’eau de Javel, qui produit des gaz toxiques particulièrement dangereux.

Face à ces pratiques, la sensibilisation des populations et la mise en place de solutions d’assainissement adaptées s’imposent, car au-delà des odeurs, l’urine déversée dans les rues de N’Djamena constitue un véritable enjeu de santé publique, encore trop souvent négligé.

Par Moustapha KOUNDE.

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