
Plusieurs mois après les mesures prises par les autorités pour libérer les abords du marché de Dembé et faciliter la circulation, certains commerçants continuent de vendre sur les bords de la route. Entre difficultés à trouver une place à l’intérieur du marché et refus de quitter les emprises de la chaussée, le retour à l’ordre reste difficile.
Au marché de Dembé, la circulation reste souvent perturbée malgré les décisions prises par les autorités municipales. Après plusieurs descentes sur le terrain du maire de la ville de N’Djamena, les commerçants installés le long de la route et sur le terre-plein central ont été invités à rejoindre les espaces aménagés à l’intérieur du marché. Cette mesure visait à réduire les embouteillages et les risques d’accidents causés par l’occupation de la chaussée.
Mais plusieurs mois après cette décision, certains commerçants continuent de vendre sur les bords du goudron. Chaque jour, ils installent leurs marchandises à quelques mètres seulement de la route, obligeant parfois les piétons, les motos et les véhicules à se partager un espace réduit.
Pour certains vendeurs, rester à l’extérieur est une nécessité. Ils estiment qu’à l’intérieur du marché, ils sont moins visibles et attirent moins de clients.
C’est le cas de Mama Kadjidja, vendeuse de poisson fumé.
« Nous n’avions pas refusé d’aller à l’intérieur du marché. Moi, par exemple, après l’ouverture du marché, j’étais entrée, mais ils venaient me dire que cette place appartenait à quelqu’un d’autre et que je devais la libérer. »
D’autres commerçants expliquent que leur activité ne leur permet pas de rester au même endroit toute la journée.
Amine Tiraby, vendeur ambulant, raconte :
« Moi, je vends seulement des condiments et quelques petits produits dans mon pousse. Je me déplace souvent. Je ne vois donc pas l’intérêt de prendre une place à l’intérieur du marché. »
Pour faire respecter la décision, la mairie envoie régulièrement des agents sur le terrain. Leur mission est de demander aux commerçants de quitter les bords de la route afin de laisser la circulation se faire normalement. Mais cette tâche n’est pas toujours facile.
À l’arrivée des agents municipaux, certains commerçants ramassent rapidement leurs marchandises et s’éloignent. Dès leur départ, ils reviennent s’installer au même endroit. Il arrive aussi que des discussions éclatent entre les agents et les vendeurs lorsque ces derniers refusent de partir.
Un agent de la mairie, qui a souhaité garder l’anonymat, explique les difficultés rencontrées.
« Nous faisons seulement notre travail. Pourtant, beaucoup de commerçants nous voient comme leurs ennemis. Certains ont accepté d’aller à l’intérieur du marché, mais d’autres refusent toujours. Parfois, nous les laissons lorsqu’ils ne sont pas sur le goudron. Mais ils reviennent ensuite vendre sur la route. Nous ne comprenons plus ce qu’ils veulent exactement. »
Pour plusieurs habitants, cette occupation des bords de la route continue de créer des embouteillages et augmente les risques d’accidents, surtout aux heures où le marché est très fréquenté.
Malgré les efforts des autorités pour mettre de l’ordre au marché de Dembé, une partie des commerçants continue d’occuper les emprises de la route. Trouver un équilibre entre les besoins des vendeurs, le respect des règles et la sécurité des usagers reste aujourd’hui l’un des principaux défis pour les responsables du marché.

Par M.KOUNDE KOI-ASSAL
Photo M.KOUNDE KOI-ASSAL