
Ancien gardien international, Mbairamadji Dillah a marqué le football tchadien en participant au sacre historique des Sao à la Coupe de la CEMAC en 2014. Entre carrière sportive, reconversion dans la Police nationale et prises de position sur l’avenir du football, il demeure une figure engagée du sport national.
Né le 18 septembre 1985 à N’Djamena, Mbairamadji Dillah s’est progressivement imposé parmi les gardiens de but marquants de sa génération. Comme de nombreux footballeurs tchadiens de son époque, il a construit son parcours au sein des clubs locaux, où il a développé ses qualités avant de rejoindre les rangs de la sélection nationale.
Au cours de sa carrière, il a porté les couleurs de plusieurs formations tchadiennes, notamment Renaissance FC, Gazelle FC, Foullah Édifice FC et Tourbillon FC. Ces passages lui ont permis de se familiariser avec les principales compétitions nationales et de gagner en expérience.
Avec Foullah Édifice, il a notamment contribué aux performances d’un club qui s’est illustré dans le championnat tchadien et les compétitions nationales. Son parcours l’a ensuite conduit au Gabon, où il a évolué avec O’Mbilia Nzami à partir de 2014. Cette expérience à l’étranger a marqué une étape importante dans sa carrière, avant son retour dans le football tchadien.
C’est avec les Sao que Mbairamadji Dillah a écrit l’une des plus belles pages de son parcours. Après une première expérience dans les compétitions régionales, il prend une place importante dans la sélection tchadienne au début des années 2010, participant notamment aux campagnes qualificatives pour la Coupe d’Afrique des nations et la Coupe du monde.
Mais le moment le plus marquant reste la Coupe de la CEMAC 2014, organisée en Guinée équatoriale. Le Tchad y réalise un parcours remarquable jusqu’à la finale disputée le 14 décembre à Bata contre le Congo-Brazzaville.
Les Sao remportent la rencontre sur le score de 3 buts à 2 et décrochent le premier titre de leur histoire dans cette compétition. Gardien de la sélection durant le tournoi, Dillah contribue à cette réussite par ses interventions et sa régularité. Il n’encaisse que trois buts en quatre rencontres et se voit attribuer le trophée de meilleur gardien de la compétition.
Cette distinction individuelle vient couronner une performance collective qui reste une référence pour le football tchadien. Pour Dillah, ce sacre représente bien davantage qu’une ligne dans un palmarès : il constitue un moment fort d’une carrière marquée par la défense des couleurs nationales.
Sa dernière sélection avec les Sao remonte à 2019, selon la presse sportive tchadienne. Il poursuit néanmoins son parcours dans le football local, où il conserve un lien étroit avec les terrains.
Comme de nombreux sportifs confrontés à l’incertitude de leur avenir professionnel, Mbairamadji Dillah a également préparé sa reconversion. En 2021, il rejoint la Police nationale du Tchad. Selon un portrait publié par Le Sportif en février 2024, il a notamment intégré l’équipe chargée de la sécurité de l’ancien Premier ministre Saleh Kebzabo.
Cette orientation professionnelle ne l’a pas éloigné du football. L’ancien international a expliqué devoir concilier ses obligations dans les forces de l’ordre avec sa passion pour le sport, en s’appuyant sur la discipline et l’organisation.
Sa situation illustre un enjeu important pour les sportifs tchadiens : la nécessité de préparer l’après-carrière dans un environnement où les revenus et les conditions de vie des footballeurs peuvent rester précaires. Pour Dillah, le service public et le football sont ainsi devenus deux dimensions de son quotidien.
À la date du 15 octobre 2026, les bases de données footballistiques consultées recensent Mbairamadji Dillah dans l’effectif de Galactik FC de N’Djamena pour la saison 2026-2027. Les statistiques publiques disponibles ne précisent toutefois pas son nombre de matchs disputés. Il reste donc prudent de distinguer sa présence dans l’effectif de son temps de jeu effectif.
Parallèlement, l’ancien gardien s’exprime sur la situation du football national. En octobre 2026, une intervention relayée par Alwihda a remis son nom au cœur des discussions sportives. Il y alerte sur la situation du football tchadien et met notamment en avant les difficultés structurelles, le manque d’infrastructures et la nécessité de mieux encadrer les jeunes joueurs.
Ces prises de position s’inscrivent dans la continuité d’un parcours qui lui a permis de connaître les réalités du football national, les exigences du haut niveau et les limites auxquelles sont confrontés de nombreux joueurs. Son regard est celui d’un ancien international qui appelle à créer de meilleures conditions pour les générations futures.
De ses débuts dans les clubs de N’Djamena au sacre de la Coupe de la CEMAC en 2014, Mbairamadji Dillah a construit un parcours marqué par l’engagement et la persévérance. Sa reconversion dans la Police nationale et sa présence persistante dans le football local témoignent d’une volonté de poursuivre ses activités au-delà de la sélection.
Aujourd’hui, son héritage dépasse les arrêts réalisés sur le terrain. En prenant publiquement position sur les difficultés du football tchadien, il contribue au débat sur la formation, les infrastructures et l’encadrement des jeunes. Pour cette figure des Sao, le défi est désormais de faire en sorte que les succès d’hier puissent devenir les fondations des victoires de demain.

Par M.KOUNDE KOI-ASSAL