Économie locale : Comment le chébé soutient les femmes et les étudiantes au Tchad.

Autrefois réservé aux soins des cheveux à la maison, le chébé s’impose aujourd’hui comme un vrai gagne-pain. Au Tchad, cette plante locale permet à de nombreuses femmes et jeunes étudiantes de gagner leur vie et de financer leurs projets.

Dans le Sahel tchadien, la poudre de chébé est connue depuis longtemps pour fortifier les cheveux. Mais ces dernières années, cette habitude familiale est devenue un véritable commerce. De la récolte des graines jusqu’à leur transformation en huiles ou en poudres, toute une petite économie s’est créée autour du produit.

Au marché de Dembé, l’un des plus grands de N’Djamena, les vendeurs voient défiler chaque jour beaucoup de clientes et d’étudiantes. Si le produit plaît autant, c’est que la tendance est au naturel : les clientes lui trouvent de nombreuses vertus, notamment contre la chute des cheveux, les pellicules et les démangeaisons.

Trouver un emploi reste difficile, alors vendre du chébé est devenu une vraie solution pour beaucoup de jeunes femmes.

Pour les étudiantes, la revente de la poudre et des soins permet de payer directement les cours et de couvrir les dépenses du quotidien.

Pour les diplômées, c’est une porte d’entrée vers l’entrepreneuriat. C’est le cas de Marie : après ses études, faute de trouver un travail, elle s’est lancée dans la vente d’huile et de poudre. Grâce à des amis installés à l’étranger, elle leur envoie ses produits, ils les revendent sur place et lui renvoient l’argent au Tchad.

Le commerce du chébé ne se limite plus aux marchés du quartier. D’autres initiatives, comme celle d’une jeune entrepreneuse de la communauté Moundang, montrent qu’il est possible de créer des réseaux de distribution plus larges. En envoyant ses préparations dans tout le pays et à l’international, elle réussit à générer des revenus réguliers.

Un modèle d’activité accessible à toutes

L’essor du chébé montre comment une simple tradition locale peut répondre à des besoins économiques bien réels. Comme cette activité demande peu de moyens pour démarrer, elle sert de filet de sécurité financier tout en dynamisant l’économie locale.

Le développement du commerce du chébé au Tchad illustre le rôle essentiel des ressources locales pour l’autonomisation des femmes. En passant du cadre familial au marché international, cette filière s’impose comme un soutien concret pour les femmes et les jeunes diplômées en quête d’indépendance.

Par WIWA Sidonie

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