
À Habena, dans le 7ᵉ arrondissement, une dispute entre un bailleur et son locataire s’est terminée par une bagarre. Selon des témoignages recueillis sur place, un bailleur a été frappé par son locataire après une dispute liée au paiement du loyer.
Ce fait montre aussi un problème plus large, les relations entre propriétaires et locataires deviennent de plus en plus tendues, souvent à cause du manque de respect entre les deux parties.
À l’origine du problème, il y avait simplement un retard de paiement, le locataire n’avait pas encore reçu son salaire et n’a donc pas pu payer son loyer à la date prévue. Une situation qui arrive souvent, surtout lorsque les salaires sont versés en retard, mais l’impatience du propriétaire aurait rapidement aggravé la situation, le bailleur aurait utilisé des paroles blessantes et irrespectueuses pendant la dispute.
Touché par ces propos et emporté par la colère, le locataire aurait perdu son sang-froid et la dispute s’est alors transformée en bagarre, le bailleur a été sérieusement frappé.
Ce sont finalement les voisins qui sont intervenus pour séparer les deux hommes et calmer la situation. Après l’incident, le locataire aurait fait des efforts pour trouver l’argent nécessaire afin de payer ce qu’il devait et quitter la chambre qu’il occupait.
Cet incident relance un problème que l’on observe dans plusieurs quartiers de N’Djamena, où les relations souvent difficiles entre propriétaires et locataires. Pour beaucoup de locataires, les conflits ne viennent pas seulement du retard de paiement, mais aussi du manque de respect dans la manière de parler et de traiter les gens.
Adoum, un locataire qui vit dans le même quartier, raconte une situation similaire, « ma bailleuse m’a interpellé après seulement 24 heures de retard pour le paiement de mon loyer. Sans discussion, elle m’a qualifié de tout… vous les jeunes de nos jours vous n’êtes pas sérieux ». Pourtant, « elle disait avant que je fusse quelqu’un de bien. Juste parce que ma sœur et ma nièce sont venues me rendre visite … ».
À quelques kilomètres de là, dans le quartier Chagoua, certaines personnes vivent des situations semblables. Une mère célibataire explique qu’elle se sent surveillée par sa propriétaire. « Ma bailleuse me menace souvent, elle contrôle ce que je mange, les personnes qui viennent me rendre visite, mes habits et même mes entrées et sorties pour trouver quoi m’attaquer. Pourtant je suis une femme adulte avec mes enfants. Être une mère célibataire ne veut pas dire que j’ai une mauvaise vie ».
Ces témoignages montrent qu’il existe parfois un climat de méfiance et même d’abus entre bailleurs et locataires. Dans plusieurs quartiers de N’Djamena, les locations se font souvent sans contrat clair, il y a peu de règles écrites et presque pas de système pour régler rapidement les conflits du genre.
Dans ces conditions, les relations entre bailleurs et locataires reposent souvent sur le rapport de force, le résultat est parfois triste, insultes, menaces et, comme dans le cas de Habena, des violences.
Un retard de loyer peut créer des tensions, mais cela ne doit pas mener aux insultes ni à l’humiliation, de la même manière, la violence ne peut jamais être une solution.
Entre les droits des bailleurs et la dignité des locataires, le respect et le dialogue restent les seules voies pour éviter que de telles situations ne se répètent.
Par ASRA Steve.